Pierrot

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Pierrot en soie rose doublée de coton indien imprimé, jupe de mousseline de soie, jupons de coton. Le tableau devant lequel je me tiens est librement repris du portrait, par Girodet de Trioson, de Jean-Baptiste Belley, député de Saint-Domingue (auj. Haïti) à la Convention en 1793 et artisan de la première abolition de l’esclavage, en 1794. Le collage n’est pas de moi.

J’aime beaucoup coudre, réaliser des vêtements, et notamment des costumes historiques. Mais uniquement du XVIIIe siècle !

Celui-ci est composé d’un pierrot et d’une jupe. Un pierrot, c’est une petite veste à basques qui a été fort à la mode à la fin du XVIIIe, à une époque où le costume féminin s’inspirait progressivement du costume masculin, des vestes, gilets et redingotes. Celui dont je m’inspire ici est l’un des plus connus des costumiers dix-huitiémistes, il se trouve à Kyoto, au Kyoto Costume Institute et date de 1790, pendant la Révolution :

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D’autres présentent la célèbre forme dite « en front zone » ou tout simplement « à zones » : une forme où le devant est découpé en plusieurs parties, semblant former un triangle pointe en haut qui laisse apparaître le dessous du corsage.

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La front zone apparaît ici de profil, et les petites basques posées sur l’arrière de la jupe caractérisent bien le pierrot. Kyoto Costume Institute, v. 1790
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Gravure de mode, octobre 1793. Le pierrot est à front zone, de velours rouge sur corsage à l’anglaise beige, ou gris

(Plus de précisions sur ces robes à zones ici, sur le blog de Temps d’Élégance.)

L’avantage lorsque l’on peut voir les vêtements anciens, c’est de se rendre compte de petits détails qui changeaient tout, et notamment la forme du corps. Prenons ce pierrot des années 1780 :

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On y voit bien la forme des épaules, attachées très en arrière et qui modelaient ainsi la silhouette en entravant le mouvement : les épaules se trouvaient rejetées en arrière, forçant la personne à se tenir droite. Quant à la forme conique du buste, caractéristique du XVIIIe siècle, elle est due au corps à baleines (improprement appelé « corset », le corset étant plutôt spécifique au XIXe siècle) qui imposait la rectitude du corps, aplatissait la poitrine tout en la projetant vers le haut et empêchait certains mouvements tels que se pencher en avant. Inutile donc de préciser qu’on était tout sauf avachie à l’époque…

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