L’Ange exterminateur

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Encre et acrylique sur papier, 50 x 65 cm, à vendre ici.

J’ai d’abord eu la vision de cette scène où un ange armé d’un arc surgissait du ciel, une scène caravagesque où l’ange émergeait de l’obscurité pour frapper aléatoirement une foule grouillante et minuscule, une sorte de mélange entre Caravage et Altdorfer.

The_Inspiration_of_Saint_Matthew-Caravaggio_(1602)
Le Caravage, Saint Matthieu et l’Ange, v. 1602
Battle_of_Issus_by_Altdorfer_1529_Pinakothek-Mus_Munich
Albrecht Altdorfer, La Bataille d’Issos, 1528-1529

Lorsque la vision s’épura (je laisse toujours l’idée décanter, s’épurer, avant de la poser sur papier), il ne demeura plus que l’image d’un ange souriant et indifférent, envoyant ses flèches au hasard, semant la désolation avec le plus grand détachement. Un hasard du malheur, en quelque sorte.

À l’étape du crayonné, l’indifférence de l’ange était lisible. Puis cette expression tétanisante disparut avec l’encrage, dans l’une de ces transformations miraculeuses dont la pratique artistique est la matrice.

L’expression de l’ange devint douceur, compassion même, et c’est alors que je décidai de retrouver qui était exactement cet ange dont le nom s’était imposé à moi sans réflexion aucune, par automatisme.

Double est l’Ange exterminateur dans la Bible. Il est à la fois l’Ange du Seigneur, celui qui frappe le peuple en Son nom, dans l’Ancien Testament, et l’Adversaire dans l’Apocalypse de Jean, Abaddôn le Destructeur, l’Ange de l’abîme. Il est donc émanation aussi bien de Dieu que de Satan. Dans quelle direction l’orienter ? Je n’en savais à vrai dire rien et c’est le processus de création qui l’a révélé.

Au moment de faire le fond, j’avais l’idée de recréer des nuages noirs sur fond métallisé. Le fond est donc constitué d’une couche d’acrylique bronze recouverte d’encre de Chine, laquelle est ensuite retravaillée par petits traits et coups de pinceau pour redonner de la texture.

Il manquait quelque chose. Un peu d’encre blanche ajouta des éclairs de lumière, puis je retrouvai la peinture instinctive que j’avais perdue depuis tant d’années. Des étoiles, des coulures, des nuages de blanc et de bronze s’imposèrent comme l’évidence du chaos.

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Le chaos, le feu, le désordre.

Souriant et tendrement bienveillant, l’ange frappe dans l’abîme où je me trouve de la flèche de la libération.

 

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